Excellente occasion de s'instruire. D'autant plus que, si le théatre romain est vaste, 2 écrans géants permettent de voir en gros plan les musiciens. De ce fait on ignore rien des registrations utilisées par L. GOLDINGS et de sa technique aux claviers. Et l'acoustique est bonne.
Jusque là tout va bien. Mais arrivé à la fin de leur set j'hésitais entre perplexité, déception... mauvaise humeur.
J'explique : ces 3 musiciens savent jouer c'est incontestable. Mais leur prestation ne m'a pas emballée. Je la met au niveau du "boeuf" . Trois gars qui se croisent là par hasard et qui montent sur scène.
Le batteur est en solo perpétuel, le guitariste se déchire les doits sur son manche tout en se dégourdissant les chevilles sur un pedalboard bourré d'effets et l'organiste fait un peu le bassiste main gauche (c'est grâce aux caméras que j'ai pu le voir, mais j'ai pas entendu grand chose), plaque quelques accors et prend de temps en temps un chorus (qu'on entend correctement) dès que le guitariste lui fait signe. Il tripote aussi les potards d'un truc à effet branché sur le B3
Oui Alain... mais c'est expérimental et c'est de la musique improvisée !! Tu te goures surement. Et ces mecs sont de sacrés pointures !
Je ne conteste pas pour les pointures. Mais je reste sur mon impression.
Il ne suffit pas de réunir de bons musiciens pour créer un bon moment musical. Si je prend un orchestre symphonique composé de bons musiciens et si on les lache dans la fosse en leur demandant de jouer ce qui leur passe par la tête, on risque d'avoir un joli bordel. Même s'il peut y avoir 5 minutes intéressantes.
Pour L. GOLDINGS je dirai : Qu'allait-il faire dans cette galère !
Heureusement en 2e partie, un saxophoniste new-yorkais : John ZORN avec son groupe MASSADA (trompette, contrebasse, batteur)
C'est expérimental, c'est improvisé mais c'est construit. Et on sent bien que chaque morceau a une épine dorsale, que c'est structuré, qu'il y a de la cohésion. Et qu'il y a eu des heures de réflexion et de travail pour tout mettre au point. Et quitte à me répéter, c'est pas de la musique facile à aborder.
Résultat : le public leur a fait un triomphe (à ZORN & Cie). Et dans le public de Vienne, il y avait sans doute quelques connaisseurs mais la majorité des auditeurs est constituée de gens poussés par la curiosité et pour lesquels la musique constitue une distraction, au même titre que le cinéma ou la lecture.
J'étais allé voir il y a quelques temps le pianiste Benoît DELBECQ sur lequel j'ai une opinion semblable à celle émise sur ZORN et qui me conforte dans mon jugement que certains trouveront peut-être sévère sur le groupe BEYOND (même s'il y a un organiste qui joue sur Hammond et qui peut être excellent dans son répertoire propre).
Et pendant que j'y suis, je fais une autre remarque au niveau des basses de' l'orgue Hammond. Qu'elles soient jouée main gauche ou au pied, elles passent pas la rampe comme une contrebasse ou une basse electrique. Et surtout avec des batteurs qui amplifient, même sans excès leur grosse caisse et qui ont developpé une grosse technique aux pieds.
Chacun son choix bien évidemment (on peut aimer des basses discrètes) mais en restant dans la configuration basse à l'orgue je me demande si une sortie indépendante, sur un ampli basse, pour pédalier et lower, avec un réglage de volume idépendant, ne serait pas une bonne solution pour mettre mieux en valeur un jeu de BMG dans lesquels certains excellent (en supprimant peut être aussi les effets vibrato-chorus ou leslie fast).
C'était un peu long mais j'ai vidé mon sac !