« Je suis toujours trés intrigué par les raisons qui poussent à aimer ceci ou cela et j'avoue, que pour certains organistes, je n'ai pas tout saisi et suis trés curieux de savoir ce qui peut toucher chez les uns et pas chez les autres. »
Là pour répondre, faut faire appel à des sommités scientifiques qui n'auraient pas le cerveau trop embrumé par des excès de nourriture ou de boisson, assez inévitables en cette période.
En me limitant à notre seul contexte, j’ai comme l’ébauche d’une réponse pour expliquer que ce qui touche X ne va pas plaire à Y ;
J’estime qu’il y a au moins cinq éléments qui entrent en ligne de compte dans l’appréciation d’un morceau de musique :
- le discours musical (ce que l’organiste nous raconte, les notes qu’il joue)
- l’expression musicale (comment c’est joué)
- l’originalité ou inventivité
- la technique developpée ou nécesitée pour l’exécution.
- la sonorité mise en place (qui doit illustrer et soutenir l’expression musicale).
Notre jugement repose t-il sur une analyse censée objective de l'ensemble de ces critères ou uniquement sur certains d'entre eux ?
Le 1er élément est réellement subjectif et peut faire l’objet de toutes les controverses.
On touche au domaine de la sensibilité, différente selon les individus. Et cet élément est, pour ma part, décisif au niveau de notre appréciation. Le problème est même de savoir si ça peut se discuter. Qui peut faire la démonstration que le ler extrait de SCHPOUEK est supérieur à celui mis à la suite par PHIL (ou l'inverse si vous voulez) en terme d'écriture ?
Le 2e élement c’est la façon de jouer ces notes. L’exemple d’ERIC avec JOS donne une idée excellente d’un discours relativement simple mais magistralement exprimé.
Le swing, le feeling font partie des ingrédients de ce 2e element.
Le 3e élement peut s’argumenter entre interlocuteurs avertis. Mais faut avouer qu'il y a de quoi débattre. Que Larry YOUNG se montre original dans certains albums c'est certain, de la qu'ils constituent ses pièces maîtresses, il y a un pas que je ne franchirai pas.
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Le 4e devrait moins souffrir de contestation, notamment pour des gens qui pratiquent l’instrument. Ceci étant, quel interêt peut avoir la technique éblouissante si elle est au service d'une oeuvre qu'on estime de mauvaise qualité. La technique seule n’est pas non plus synonyme de qualité d’expression visée au 2e élément.
Quant au 5e, il influence fortement le 1er élément. Et dans l'orgue H, il y a des sonorités ou des effets qui me défrisent complètement lorsque elle sont utilisées dans certains contextes musicaux. Ca peut foutre en l'air le plus beaux des morceaux.
Vu qu’il y a différents niveaux de perception et d’analyse, tout particulièrement pour des gens se réclamant d’une même famille musicale, il n’est pas étonnant qu’il y ait de la discussion dans l’air. On s’embêterait forcément si nous étions tous d’accord. Et c'est la création artistique qui en souffrirait car elle se nourrit de la controverse et d'une certaine forme de constestation.
Soit on considère ces 5 éléments comme un bloc indissociable, et dans ce cas un seul élément défectueux peut nous faire rejeter un artiste ou l’un de ses morceaux. Et ce serait dommage de limiter ainsi notre champ d’intérêt.
Soit, on détaille pour se pencher principalement sur ce qu’un artiste nous semble avoir de bon ; ce qui nous offre un champ bien plus vaste d’investigation, d’étude, d’influences, etc.
C’est surement la raison pour laquelle je n’ai pas oser coller la floppée d’extraits divers et variés auxquels je suis sensible.
