Le tempo et la grille
Posté : mer. nov. 07, 2007 9:33 am
Voilà un sujet qui mérite d'etre traité et c'est le post de remi sur yahel qui m'y fait penser.
je rencontre pas mal de musiciens pros et amateurs et LE gros problème qui ressort le plus souvent est le respect du tempo et du nombre de mesures.
Beaucoup de musiciens semblent bien jouer mais dès qu'ils sont en groupe n'en mettent plus une....il suffit de s'enregistrer et de compter...et là, de tres mauvaises surprises arrivent....2 cas de figure, on s'en aperçoit et on tente de rectifier...ou on ne s'en aperçoit pas et là, c'est sans espoir.
je connais des dizaines de pianistes, organistes , guitaristes....qui jouent le blues en 11,6 mesures ou 12,2....mais jamais 12....quant aux chanteuses....no comment

Mozart disait "le tempo, le tempo" déjà à lépoque c'était le problème...mais qui travaille serieusement au metronome ou au click....il faut s'en taper au moins 1 heure par jour ....mais c'est chiant, je sais.
Si je milite fortement pour la connaissance du jazz originel, c'est tout simplement parce que son coté fanfare et structures simples donnent la base de tout le reste.....toutes les conventions, tous les plans sont dans cette musique primaire et l'improvisation collective oblige à apprendre à ecouter les autres et à se fondre dans l'orchestre.......et quand on ecoute les autres, on s'apercoit immediatement lorsqu'on s'est vautré ou qu'on est en dehors du rythme ou de la grille (ou des deux).
C'est sur que le pianiste qui attaque le jazz avec bill evans ou brad meldhau va avoir de sacrés problèmes de tempo toute sa vie....ces gars là pratiquent des décalages voulus parce qu'ils ont en tete la structure et le tempo et, ils peuvent decaler autant qu'ils veulent....et retomber pile poil à la surprise de pas mal d'auditeurs...
Le bal peut aussi donner cette base mais j'ai remarqué que dans le cas du bal c'est surtout la sécurité qui est recherchée et cela donne rarement des musiciens de jazz sauf s'ils l'étaient déjà auparavant.....un balochard ne se trompe jamais dans sa prestation de bal mais fait souvent le blues en 12,3 mesures
...mais là on est dans le problème de lecture..le même que celui des musiciens classiques....qui ne savent jouer que ce qui est ecrit et sans surprise......ce qui est aussi difficile que d'improviser voir plus difficile (j'ai un respect sans limite pour les classiques compétents...je suis carrement admiratif meme).
Donc, d'abord le tempo parfait....le respect parfait du nombre de mesures...y compris en impro....ça suffit les claviers qui semblent jouer des choses superbes le temps du theme...et qui partent en filoche dès que ça demarre vraiment.
Tout jazzman doit passer par le blues et le manipuler dans tous les sens et tous les tons avant de passer au new orleans ou il va apprendre d'autres structures, d'autres mise en place , basique certes, mais indispensables..
Point de donna lee sans indiana...et point de three view of secret sans donna lee...
Vouloir bruler les etapes est une bonne chose a condition de ne pas eviter les étapes ......quand on connait tous les gros saucissons new orleans sur le bout des doigts....on connait presque 90% du jazz qui suit ou ce ne sont que des variations harmoniques et des phrasés differents et plus techniques...faites un tour a la berkelee school .....les 2 ou 3 premières années exigent la connaissance parfaite du jazz ancien et on ne passe aux étapes suivantes que quand cela est acquit.....en 1 an ou en 3 ans selon les cas....ou jamais.
Il se trouve que cette ecole est le plus grand vivier des grands jazzmen vivants , il y a peut etre qq raisons...tous les titulaires de diplomes de cette ecole peuvent vous imiter barney bigard ou charlie parker et afire l'affaire dans n'importe quel orchestre de n'importe quel style....et le plus dur.....dans l'esprit .
On parle souvent de bex , de sourisse, d'eddy....eh bien je vous garanti que ces gars là savent faire à la perfection ......apres on a plus ou moins de don, d'oreille, de courage pour avancer comme ils ont avancés.
Quant on possede bien le tempo et les structures, rien n'est plus simple que de passer de 3/4 en 4/4 ou 5/4 au cours du meme morceau sans le moindre plantage...
ensuite vient l'écoute des autres, l'improvisation collective du NO (new orleans) oblige à cette écoute de tous les autres....pas seulement des accompagnateurs qui tracent l'autoroute pour le soliste (et le rattrapent) ...une écoute globale, qui apprend a se glisser dans l'orchestre en y apportant qq chose et pour cela il faut ecouter l'ensemble et s'y fondre avec gout.
Avant d'enrichir les accords et de changer les structures harmoniques, il faut avoir parfaitement en tete la base du morceau et la ligne de basse doit defiler basiquement dans la tete.....
un petit jeu sympa que j'avais deja proposé ici, consiste a reconnaitre un titre seulement avec l'impro du soliste....ça c'est le minimum de base ....et j'en connais un paquet qui en sont incapables faute de travail d'oreille...et de connaissance du basique.
prenons la simple grille d'indiana.....on peut la compliquer a loisir mais, quand on entend l'impro d'un zawinul là dessus.....et quand on a la connaissance du basique, on entend le titre original qui defile dans le crane...alors que si on s'attaque directement a indiana version zawinul....on ne connaitra que cette forme du morceau et non le morceau.
Partir de cela serait une erreur ....il faut partir de l'original et y ajouter ses propres transformations mais en gardant toujours le basique en defilement automatique.
J'ai souvent conseillé de chantonner ou de siffler ses impros....je passe ma vie a faire cela et je ne suis pas le seul
il est indispensable d'etre capable d'improviser sans instrument (scat, kazoo, siffloter, chantonner) sinon il ne s'agit pas de musique mais de schema mathematiques, graphiques theoriques ....qui ne donneront de vrais résultats que chez ceux qui possedent le reste.
En résumé, tapez vous des blues, des 2 5 1 et les gros standards les plus simples et le tout avec le click....des heures....des mois...des années..toute la vie...
c'est quand on peut etre aussi bon sur all of me que sur un titre avec des harmonies difficiles qu'on tient le truc....
Je connais cette phrase par coeur....ah non on va pas jouer all of me...on va se faire chier....ben voyons....quand on a plus les caisses d'harmonies sur lesquelles on a des modes tout faits et des phrases qui fonctionnent...on est à poil !!!
On doit pouvoir etre aussi bon sur un simple blues que sur sno peas.....et etre aussi creatif sur all of me que sur all the things you are...
Le besoin de réharmoniser ou de compliquer les choses est bien compréhensif, à condition qu'il ne devienne pas une béquille .
c'est beaucoup plus simple de balancer des gammes, des modes, des plans correspondant aux harmonies de giant steps.....que de sortir une impro valable sur all of me.....c'est le musicien qui doit etre bon et pas la grille!
Si on utilise un pharsé moderne en utilisant les quartes et le OUT, ça doit sonner sur la grille de base....voir avec la simple basse de base.....mais c'est en général là que tout s'effondre......et on entend souvent....ah non ...pas cette grille de merde......c'est pas la grille qui est de merde....c'est le musicien.....qui doit etre capable d'en faire un bijou.
Faire un repas qui jette en ouvrant une boite de foie gras et en servant une langouste bouillie....c'est facile......faire bombance avec une tranche de jambon et des pates......c'est cela le talent, mais il faut savoir faire les pates, ce qui n'est pas donné a tout le monde.
Donc apprenons a faire les pates avant de passer au chateaubriand......et sachons improviser NO et Bop avant de passer a mac coy et aus autres....vous verrez, les choses s'éclairent mieux et on arrive a siffler ce qu'on joue meme le plus compliqué....
Un petit exo simple....ecoutez four brothers et ne lachez le morceau que quand vous pouvez chantez le theme et tous les solos parfaitement en place....là vous aurez fait un "giant step".......mais commencez plutot par le hot five 'armstrong ou les disques de bechet en france....ça prepare bien le terrain et vous verrez que c'est pas si simple.
prendre des petits bouts c'est marrant....prendre tout le morceau y compris les break de batterie....c'est une vraie formation et cela enrichi le langage et facilite l'integration de la suite......il y a integrer et singer...ne pas confondre.
je rencontre pas mal de musiciens pros et amateurs et LE gros problème qui ressort le plus souvent est le respect du tempo et du nombre de mesures.
Beaucoup de musiciens semblent bien jouer mais dès qu'ils sont en groupe n'en mettent plus une....il suffit de s'enregistrer et de compter...et là, de tres mauvaises surprises arrivent....2 cas de figure, on s'en aperçoit et on tente de rectifier...ou on ne s'en aperçoit pas et là, c'est sans espoir.
je connais des dizaines de pianistes, organistes , guitaristes....qui jouent le blues en 11,6 mesures ou 12,2....mais jamais 12....quant aux chanteuses....no comment
Mozart disait "le tempo, le tempo" déjà à lépoque c'était le problème...mais qui travaille serieusement au metronome ou au click....il faut s'en taper au moins 1 heure par jour ....mais c'est chiant, je sais.
Si je milite fortement pour la connaissance du jazz originel, c'est tout simplement parce que son coté fanfare et structures simples donnent la base de tout le reste.....toutes les conventions, tous les plans sont dans cette musique primaire et l'improvisation collective oblige à apprendre à ecouter les autres et à se fondre dans l'orchestre.......et quand on ecoute les autres, on s'apercoit immediatement lorsqu'on s'est vautré ou qu'on est en dehors du rythme ou de la grille (ou des deux).
C'est sur que le pianiste qui attaque le jazz avec bill evans ou brad meldhau va avoir de sacrés problèmes de tempo toute sa vie....ces gars là pratiquent des décalages voulus parce qu'ils ont en tete la structure et le tempo et, ils peuvent decaler autant qu'ils veulent....et retomber pile poil à la surprise de pas mal d'auditeurs...
Le bal peut aussi donner cette base mais j'ai remarqué que dans le cas du bal c'est surtout la sécurité qui est recherchée et cela donne rarement des musiciens de jazz sauf s'ils l'étaient déjà auparavant.....un balochard ne se trompe jamais dans sa prestation de bal mais fait souvent le blues en 12,3 mesures
Donc, d'abord le tempo parfait....le respect parfait du nombre de mesures...y compris en impro....ça suffit les claviers qui semblent jouer des choses superbes le temps du theme...et qui partent en filoche dès que ça demarre vraiment.
Tout jazzman doit passer par le blues et le manipuler dans tous les sens et tous les tons avant de passer au new orleans ou il va apprendre d'autres structures, d'autres mise en place , basique certes, mais indispensables..
Point de donna lee sans indiana...et point de three view of secret sans donna lee...
Vouloir bruler les etapes est une bonne chose a condition de ne pas eviter les étapes ......quand on connait tous les gros saucissons new orleans sur le bout des doigts....on connait presque 90% du jazz qui suit ou ce ne sont que des variations harmoniques et des phrasés differents et plus techniques...faites un tour a la berkelee school .....les 2 ou 3 premières années exigent la connaissance parfaite du jazz ancien et on ne passe aux étapes suivantes que quand cela est acquit.....en 1 an ou en 3 ans selon les cas....ou jamais.
Il se trouve que cette ecole est le plus grand vivier des grands jazzmen vivants , il y a peut etre qq raisons...tous les titulaires de diplomes de cette ecole peuvent vous imiter barney bigard ou charlie parker et afire l'affaire dans n'importe quel orchestre de n'importe quel style....et le plus dur.....dans l'esprit .
On parle souvent de bex , de sourisse, d'eddy....eh bien je vous garanti que ces gars là savent faire à la perfection ......apres on a plus ou moins de don, d'oreille, de courage pour avancer comme ils ont avancés.
Quant on possede bien le tempo et les structures, rien n'est plus simple que de passer de 3/4 en 4/4 ou 5/4 au cours du meme morceau sans le moindre plantage...
ensuite vient l'écoute des autres, l'improvisation collective du NO (new orleans) oblige à cette écoute de tous les autres....pas seulement des accompagnateurs qui tracent l'autoroute pour le soliste (et le rattrapent) ...une écoute globale, qui apprend a se glisser dans l'orchestre en y apportant qq chose et pour cela il faut ecouter l'ensemble et s'y fondre avec gout.
Avant d'enrichir les accords et de changer les structures harmoniques, il faut avoir parfaitement en tete la base du morceau et la ligne de basse doit defiler basiquement dans la tete.....
un petit jeu sympa que j'avais deja proposé ici, consiste a reconnaitre un titre seulement avec l'impro du soliste....ça c'est le minimum de base ....et j'en connais un paquet qui en sont incapables faute de travail d'oreille...et de connaissance du basique.
prenons la simple grille d'indiana.....on peut la compliquer a loisir mais, quand on entend l'impro d'un zawinul là dessus.....et quand on a la connaissance du basique, on entend le titre original qui defile dans le crane...alors que si on s'attaque directement a indiana version zawinul....on ne connaitra que cette forme du morceau et non le morceau.
Partir de cela serait une erreur ....il faut partir de l'original et y ajouter ses propres transformations mais en gardant toujours le basique en defilement automatique.
J'ai souvent conseillé de chantonner ou de siffler ses impros....je passe ma vie a faire cela et je ne suis pas le seul
En résumé, tapez vous des blues, des 2 5 1 et les gros standards les plus simples et le tout avec le click....des heures....des mois...des années..toute la vie...
c'est quand on peut etre aussi bon sur all of me que sur un titre avec des harmonies difficiles qu'on tient le truc....
Je connais cette phrase par coeur....ah non on va pas jouer all of me...on va se faire chier....ben voyons....quand on a plus les caisses d'harmonies sur lesquelles on a des modes tout faits et des phrases qui fonctionnent...on est à poil !!!
On doit pouvoir etre aussi bon sur un simple blues que sur sno peas.....et etre aussi creatif sur all of me que sur all the things you are...
Le besoin de réharmoniser ou de compliquer les choses est bien compréhensif, à condition qu'il ne devienne pas une béquille .
c'est beaucoup plus simple de balancer des gammes, des modes, des plans correspondant aux harmonies de giant steps.....que de sortir une impro valable sur all of me.....c'est le musicien qui doit etre bon et pas la grille!
Si on utilise un pharsé moderne en utilisant les quartes et le OUT, ça doit sonner sur la grille de base....voir avec la simple basse de base.....mais c'est en général là que tout s'effondre......et on entend souvent....ah non ...pas cette grille de merde......c'est pas la grille qui est de merde....c'est le musicien.....qui doit etre capable d'en faire un bijou.
Faire un repas qui jette en ouvrant une boite de foie gras et en servant une langouste bouillie....c'est facile......faire bombance avec une tranche de jambon et des pates......c'est cela le talent, mais il faut savoir faire les pates, ce qui n'est pas donné a tout le monde.
Donc apprenons a faire les pates avant de passer au chateaubriand......et sachons improviser NO et Bop avant de passer a mac coy et aus autres....vous verrez, les choses s'éclairent mieux et on arrive a siffler ce qu'on joue meme le plus compliqué....
Un petit exo simple....ecoutez four brothers et ne lachez le morceau que quand vous pouvez chantez le theme et tous les solos parfaitement en place....là vous aurez fait un "giant step".......mais commencez plutot par le hot five 'armstrong ou les disques de bechet en france....ça prepare bien le terrain et vous verrez que c'est pas si simple.
prendre des petits bouts c'est marrant....prendre tout le morceau y compris les break de batterie....c'est une vraie formation et cela enrichi le langage et facilite l'integration de la suite......il y a integrer et singer...ne pas confondre.