Bien ce dernier extrait ! Tout à fait mon genre.
Cette discussion rejoint le post voisin lancé par BRUNO (Nos extraits choisis) et il serait trop simplificateur et surtout érroné de dire que des perceptions musicales différentes ne peuvent s’expliquer que par des sympathies ou appartenances à des sphères culturelles sous-évoluées par rapport à celle dont on se réclame (bien évidemment détentrice de la connaissance et du bon goût).
D’ailleurs, je n’ai pas été surpris de lire que ce titre avait été enregistré par Y. HORNER, M. AZZOLA et d’autres animateurs de bals populaires.
Que cette composition de me plaise pas est une chose. Et peu importe qu’elle ait pu plaire à beaucoup de gens.
Néanmoins, elle ne remet pas en cause les talents de compositeur ou d’interprête de Thielemans. Et si je ne suis pas sensible à ce thème, je reconnais tout de même une composition très bien ficelée. Et il est compréhensible que de nombreux musiciens aient pris plaisir à improviser sur cette suite harmonique.
Je rebondis sur les interessantes questions posées par ERIC
Quel est en effet le degré de liberté d’un artiste sous contrat dans une maison de disque ? (S’il s’autoproduit, il fait strictement ce qu’il veut à ses risques et périls).
Le terme sous contrat entendant que l’artiste se doit d’enregistrer un certain nombre d’albums, que ces albums doivent être faits pour se vendre et que l’artiste, au délà de ce qu’il propose, reste néanmoins sous l’influence plus ou moins forte d’un directeur artistique.
Ma réponse est que l’artiste (en fonction de sa popularité du moment ou du chiffre d’affaire qu’il génère pour le label), va enregistrer, avec plus ou moins d’enthousiasme, ce que la maison de disque va lui imposer. Car pour certains labels, l’idée n’est pas de provoquer le succès, mais de le suivre.
Ce qui explique, à la suite d’un succès original, l’empressement d’autres labels à exploiter le filon, par l’intermédiaire de leurs artistes maison (trompettistes, saxophonistes, violonistes, vocalistes, etc). Et comptez aussi sur les éditeurs qui s’arrachent pour placer le morceau.
Ce qui peut expliquer que JOS ait un peu trainé les pieds pour faire une énième version de Bluesette.
Tout ceci, qui a assez bien fonctionné par le passé, est peut être moins évident aujourd’hui car l’ensemble de la production musicale mondiale est immédiatement accessible partout dans le monde. Et le public veut l’original sinon rien.
On peut donc s’interroger sur l’avenir des reprises ou adaptations.
Et l’artiste qui n’entre pas dans le moule et qui reste sur des scores de vente moyen….on lui rend son contrat.
Quant au compositeur, peut il résister à exploiter ou à faire exploiter une œuvre, s’il est convaincu que le morceau va entrer dans toutes les têtes comme dans du beurre.
Les droits étant sa source de revenus (aléatoires) on peut supposer qu’il ne va pas s’en priver. Et si un brin de honte vient perturber sa satisfaction d’avoir pondu un succès en puissance, il peut toujours prendre un pseudo.
Et pour finir, je pense que les jeunes organistes (ou autres musiciens) d’aujourd’hui ont à cœur de démontrer leurs propres capacités de création et d’interprétation. C’est pour ma part la seule voie possible dans le contexte musical actuel surtout pour ceux qui ont un minimum d’ambition.
Oh la vache, il se fait tard et je vais rater « Plus belle la vie », mon émission culturelle favorite (en attendant impatiemment samedi "Le plus grand cabaret du monde" avec P. SEBASTIEN)
