Et puis je ne m'explique pas pourquoi mais en dehors de la technique et des répertoires plus classiques, on n'est pas naturellement inspiré à jouer des talons. J'ai remarqué que même les gens qui avaient une solide formation classique ne jouaient plus avec les talons lorsqu'ils se mettaient au jazz.
Euh... je ne suis pas bien d'accord (façon esthétique et diplomatique de dire sans vergogne "ce n'est pas vrai" ;>).
Ce que tu dis résulte surtout de l'observation des organistes-jazz, dotés d'un pédalier, mais qui pratiquent à 95% du temps la basse-main-gauche. Ceux-là, majoritaires à coup sûr, ont généralement (pendant la MG) un mouvement-balayage de la jambe sur le pédalier, et leur pied gauche semble utiliser seulement la pointe (mais en réalité c'est un "survol" sans réel enfoncement systématique). Selon moi, c'est ceci qui fait croire que "jazz-orgue"="pointes seulement sur pédalier".
Seconde distorsion : les orgues dotés de string-bass sur le pédalier. Ceci, critiquable ou pas là n'est pas la question, facilite le rendement de jeu du pédalier (entre autres par la fonctionnalité de pseudo-sustain). Et ceci permet un net gain d'agilité, qui permet alors une beaucoup plus large excursion, mais au détriment du muscle du talon, et donc favorisant l'emploi presque exclusif de la pointe. Seconde raison qui porte à croire que "jazz-orgue"="pointes seulement sur pédalier".
Mais... les vrais (j'allais dire "les grands") ne conçoivent un phrasé (un vrai, pas la pompe !) au pédalier qu'avec l'alternance talon-pointe. Ma (bien petite) expérience (si dérisoire) me le fait vérifier sans faille.
On va pas énumérer, mais l'un des précurseurs-maîtres : Lou Bennett. Et bien d'autres. Ne serait-ce que le Boss, Jimmy Smith, avec ses (légendaires) bottes basses vernies, qui ne concevait le pédalier (quand il s'en servait) que comme une promenade talon-pointe gauche-droite-gauche. J'ai les preuves.