Alors aujourd'hui : une vieillerie, que j'ai ressorti de la pile. Ponty-Louiss-Humair. Mais quelle vieillerie ! Vous voulez entendre de l'orgue ? Là vous allez entendre de l'orgue.
C'est le trio (sans leader) formé il ya... un paquet d'années par Jean-Luc Ponty, jeune violoniste bopeur si prometteur, un certain Eddy Louiss, oui le vrai celui que vous connaissez et aimez, et Daniel Humair, batteur (suisse...) déjà très porteur dans le jazz européen de l'époque.
C'est du 'live' au Caméléon, avec un vrai Hammond et Leslie (comment donc avaient-ils descendu l'escalier ???) et toutes 1ère approches du violon amplifié (bien avant bois-de-verrou).
Le Caméléon ? Club mythique (et minuscule) des sixties/seventies, entre St Germain et St Michel, tenu par un asiatique efficace, modeste, et assez désinteressé. Du temps où le show-biz n'était pas décideur-abrutisseur dans l'underground. Les américains (résidents et de passage) avaient leurs fiefs, mais le Camé c'était le temple du jazz français. Tous les conservatoireux-espoirs et confirmés y ont sévi. La liste serait trop longue.
Donc... Ponty-Louiss-Humair, si vous aimez le phrasé d'Eddy Louiss, ses nuances, son jeu de basse qui pousse, et ses codas+accords de fin flamboyants qui vous saccagent-définitif... alors c'est là que ça se passe. Que des standards, un peu revisités, mais alors là mes amis, quelle classe !
Depuis, Jean-Luc Ponty a changé complètement d'orientation musicale et mené une brillante carrière aux US, et Daniel Humair a confirmé sa grande valeur dans une constante présence internationnale, des montages divers, et une promotion constante des jeunes talents émergeants.
Re-donc... si vous aimez l'Eddy des grands jours, si vous voulez entendre sonner l'engin de Laurens (pourtant enregistré ds conditions minimalistes), si vous voulez compléter votre culture de l'orgue, si vous êtes convaincus que 'même en France on y arrivait', alors... : Ponty-Louiss-Humair (re-édité en 2 CDs, se trouvent facilement, séparés ou ensemble).
Vous ne devriez pas le regretter !
(non, pas le temps de vous parler aujourd'hui aussi de Patrick Bruel, n'insistez pas)
