Super ce texte de Meldhau ! le jazz est par essence LA musique du métissage. En parcourant les rayons jazz des métiathèques, je suis toujours surpris de la diversité des musiques qui y figurent. Les styles qui nous ont précédé ont contribué à la constitution d'une culture à laquelle l'ensemble des musiciens de jazz font référence. Il parrait bien normal aujourd'hui que les musiciens puisent dans les musiques du monde toutes les influences qui vont nourrir leur propre imaginaire.Ce trait distinctif de notre génération s'exprime en termes négatifs, comme l'absence de quelque chose, mais cette absence d'identité implique aussi une absence de contrainte. Sans une identité solide, nous somme dépourvu de livre de recettes et libres de voyager entre plusieurs styles.
Des musiciens comme Sam, Josh ou Brian ont introduit une manière de parcourir des styles très variés - hard bop, jazz modal, funk, free jazz, composition classique, harmonies pop - d'une telle manière que les transitions sont organiques. En fait, souvent il n'y a pas de transition discernable ; il y a simplement cette profusion d'influences disparates qui coagule au sein de leur propre vision de la musique.
L'avenir du jazz est là, il me semble. En dehors de l'apprentissage instrumental et culturel, je ne vois pas l'intérêt de jouer du jazz en cherchant à imiter quelqu'un, ou un style..... Autant écouter les musiques originales et les musiciens qui ont contribué à l'élaboration des différents styles.
Bruno, j'ai écouté Miles dans ses débuts au prêt de Charlie Parker. C'est assez "émouvant", on sent qu'il n'a pas encore atteint sa maturité, mais le langage bebop est bien là. Ceci dit, je crois que si Paker l'avais engagé c'est justement parceque son jeu n'étant pas très virtuose, contrastait avec le sien et celà donnait une couleur intéressante au groupe.